Quand nous sommes gênés d’être chez nous.

La prestation de notre Klö Pelgag nationale lors du grand spectacle de la fête du Canada fait jaser et semble enflammer les réseaux sociaux. Mais pourquoi ? Cela dépasse l’entendement.

Mais, bordel, quel est la différence entre une artiste québécoise qui arbore fièrement le fleur de lysé ou un artiste autochtone vêtu de ses apparats traditionnels ? Pourquoi un peut-t’il clairement afficher sa culture alors que l’autre soulève de l’indignation (de certaines personnes)?

Pourquoi sommes-nous gênés d’afficher ce que nous sommes ?

Les quelques années passées au sein des Forces armées canadiennes à vivre dans d’autres provinces et, surtout, à côtoyer des camarades provenant de tous les coins de ce grand pays m’ont appris une chose fondamentale.

Nous sommes dix sociétés distinctes.

Dix provinces, dix cultures différentes où l’appartenance à la province d’origine est plus importante que l’appartenance au pays.

Ma plus grande frustration au quotidien est qu’ici, au Québec, nous nous faisons interpeller en anglais par des “résidents” du Québec et que, tel un peuple soumis et colonisé, nous leurs répondons en… anglais.

Sommes-nous gênés d’être chez nous ?

Une phrase entendue récemment, on me dit qu’elle provient de René Lévesques. Je ne puis confirmer. Bref, elle ne provient pas de moi.

Oui, je suis un produit de la “révolution tranquille“, de cette génération qui a vue ses parents se lever debout. Nous étions des “canadiens français” avant. Nous sommes des québécois depuis et sommes devenus “maîtres chez nous“. Ce fut l’éveil d’un peuple tout entier prenant sa destinée en main. Le québécois “né pour un p’tit pain” était révolu. La phrase “peuple debout” du Minuit Chétien prenait tout son sens.

Dehors le clergé et dehors les anglais qui contrôlaient nos vies à tous les points de vues.

Notre langue, symbole de notre identité, serait dorénavant au premier plan.

Voilà que, deux générations plus tard, semble que le petit québécois soit revenu à la case “peuple colonisé” et se laisse marcher sur les pieds sans mots dire.

Cher peuple colonisé, soulevez-vous encore! Au Québec, répondez en français à tout interlocuteur qui vous parle en anglais. Refusez qu’on vous serve dans toute autre langue que le français. Ne soyez plus gêné d’être chez vous. C’est une simple question de respect. Un point c’est tout.

Un bel exemple. Hier, attendant l’autobus qui allait me ramener chez moi, une dame asiatique m’a approchée et m’a posée une question…. en anglais. Je l’ai regardé puis dit, tout simplement. Pardon??? Elle a soudainement découvert qu’elle pouvait, elle aussi, s’exprimer en français.

Suis-je un indépendantiste ? Pas du tout. Je crois “encore” au Canada. Cependant, je crois que tout résident au Québec, s’il veut être reconnu comme québécois, doit, au moins, avoir un français fonctionnel. Je pense aussi que tout québécois francophone devrait avoir un anglais fonctionnel car, sans cela, nous sommes un peuple isolé du monde.

Pour le reste, ne soyons pas timides d’exiger le français ici au Québec. Nous sommes chez-nous.