Un service (pas si) royal (que ça)


Épuisés, nous avons décidé de se payer une semaine dans le sud en arrêtant notre choix sur un « dernière minute » deux semaines avant le départ. Destination ? Varadéro au Paradisus Princesa Del Mar. Un hôtel 5 étoiles, adultes seulement. Une valeur sûre selon nous pour une semaine de repos et de tranquillité. Quelques jours avant le jour « J », nous avons même plié sur les recommandations d’un ami pour prendre l’option « Service Royal ».

Dans les faits nous avions boudé Cuba et Varadéro pendant des années ayant plutôt choisi la République Dominicaine, plus précisément Punta Cana et La Romana.

Nos attentes furent grandes, trop grandes semble-t-il.

Mais commençons par le début.

J’ai cette manie de presque toujours choisir la file d’attente qui prend le plus de temps. Que ce soit à l’épicerie, chez Mc-Do, etc. Même situation dans un aéroport. Il est particulier de constater au passage des douanes, à l’aéroport de Varadéro, que notre file d’attente semblait figée dans le temps, et cela, pour l’éternité alors que les autres files se vidaient progressivement au point de constater que seule, notre file, il restait des gens à dédouaner.

Le « Service Royal » est une section réservée du Paradisus Princesa Del Mar. L’autobus nous a débarqués au hall principal du complexe. Personne pour nous accueillir, aucune indication claire. C’est en demandant au « bus boy » de l’hôtel, qui a immédiatement appelé une voiturette, que nous avons su que nous n’étions pas, tout à fait, arrivés à destination.

Bon, un « peso convertible » en pourboire au « bus boy » et un deuxième pour le chauffeur qui nous a conduits pour une petite balade jusqu’à notre section “Royale” et nous voilà enfin.

Un bel accueil quand même, un personnel souriant et très courtois. On nous a immédiatement présentés à notre « butler » pour la semaine et servi un mousseux qui était, somme toute, très acceptable.

Je dois faire amende honorable à notre « butler » Yasnivri qui s’est démenée toute la semaine pour régler tous les petits problèmes vécus.

Il faut, tout de même, avouer que le site est très bien, très propre et bien entretenu. Rien à dire sur la qualité de l’endroit.

Le but de cette semaine était, avant tout, le repos. Mission accomplie.

Quotidiennement, nous avons établi notre base à 5 pieds de la piscine à l’ombre au bar « Energy ». Lecture, romain 500, scrabble, saucettes dans l’eau et quelques mojitos royaux(fait avec du Rhum vieilli 7 ans) et un service impeccable (les multiples pesos convertibles en pourboire y-ont-ils aidé?  Peut-être).

Mon épouse et moi tombent définitivement dans la catégorie des gens « facilement voyageables » donc, sommes toutes, nous sommes du type « résilients » et acceptons la grande majorité des désagréments. Nous sommes en vacances après-tout. Certes pas le temps ni l’endroit pour  être frustrés.

Ayant passé entre Harvey et Irma, nous avons eu droit à une belle semaine de soleil et de chaleur.

Je peux très bien comprendre que les Cubains font ce qu’ils peuvent mais, il faut définitivement que je me rende à l’évidence, un 5 étoiles à Cuba équivaut à un 3 ½ à Punta Cana.

Yasnivri nous avait déjà réservé un restaurant à la carte pour notre journée d’arrivée et s’est occupée de le faire tout au long de notre séjour selon nos goûts et nos souhaits. Mais à quoi bon, tout ce trouble alors, qu’en fin de compte, le buffet de la section « non royale » avait plus de choix avec, même, une belle grosse meule de parmesan en prime.

Les restaurants « à la carte » n’étaient pas à la hauteur du tout. Lorsque le buffet “pour tous” est meilleur, il y a des questions à se poser. Mais même le buffet, il faut faire 2 ou 3 tours de repérage pour y trouver quelques choses à se mettre sous la dent.

Fait particulier, aucune salade, ni verte, ni aux pâtes, ni aux légumes, ni aux riz, rien, zip, niet. Un choc de culture ou une méconnaissance de la clientèle par la direction ?

Nourriture fade et sans goût ou trop salée, trop cuite ou pas assez, rien qui ne laisse croire que nous sommes dans un 5 étoile avec un « Service Royal ».

Pourtant nous ne sommes pas difficiles côtés nourriture. Nous mangeons et aimons pas mal tout. Notre meilleur repas qui a suscité plein de « hummm!! » et de « Que c’est bon! » est le sandwich Phily achetée dans l’avion sur le vol de retour.

Que dire de l’Internet Wifi inclus ? Cuba n’a qu’une seule compagnie « gouvernementale » qui offre ce service. On nous donne des cartes à gratter. Un code de 12 chiffres comme code usager et un autre, aussi de 12 chiffres, pour le mot de passe. Le tout pour une durée de 1 heure et accessible seulement dans le hall principal.

Ce que nous apprécions en vacances est de pouvoir faire de la vidéo-conférence (Skype ou Messenger) pour voir notre fille et, évidemment, notre petite fille. Surprise, la fonction vidéo est bloquée à Cuba.

De plus, il y eut une panne de 5 jours du service Wifi… inclus dans notre forfait.

Que dire du service aux chambres ou, plutôt, de l’absence de service aux chambres ? Il y avait un menu pour choisir ses oreillers. Il a fallu 2 jours, 4 demandes et, finalement, lorsque Yasnivri a reçu notre plainte elle s’est empressée d’y voir. Tout comme, d’ailleurs, faire le plein de cola diète dans le petit frigo qui a nécessité 3 demandes et finalement, et encore une fois, Yasnivri s’en est mêlée personnellement pour nous en apporter suffisamment pour terminer la semaine. Ce fut le seul et unique remplissage du mini frigo de toute la semaine.

Par contre, la chambre fut propre et le matelas très confortable.

Eh oui, mention honorable pour notre chère Yasnivri, qui a pleinement mérité les petits cadeaux qu’on lui avait apportés. Elle m’avait même proposé de faire le changement de serviettes de plage pour nous au kiosque réservé à cet effet. Mais il y a des limites. Je suis du type qui apprécie un bon service mais qui refuse qu’on soit à ses pieds pour un caprice. Ma mère m’a munie de 2 jambes après tout.

Que dire de la pomme de douche qui nous est tombé sur la tête ? Un fait plutôt cocasse tout de même qui nous rappelle que Cuba c’est Cuba.

Reste que la chambre, malgré l’absence de service, était bien avec un grand balcon muni de 2 chaises longues très confortables.

Selon la description de ce service royal, nous étions supposés avoir le service pour défaire et refaire nos valises. Jamais personne ne s’est proposé mais avouons que de voir un étranger manipuler nos « petites culottes » semble plutôt une intrusion dans notre vie privée.

Et Varadéro alors? Varadéro est restée Varadéro elle aussi. Vieilles voitures impeccables qui nous rappellent la débrouillardise et le génie cubain qui font tout avec presque rien. Imaginez, une vieille Oldsmobile des années 50 mieux équipée que mon auto récente avec, même, un lecteur DVD avec écran pour les passagers. Les « coco bus » y sont toujours actifs et, maintenant, il y a un service de bus entre Varadéro et les « resorts » pour 5 « pesos convertibles » par personne et par jour.

Bon ceci dit, il ne faut jamais dire jamais mais reste que, dans les faits, je n’ai jamais été déçu par la République Dominicaine et que, finalement, je n’ai jamais eu de « wow!!! » pour Cuba.